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Tour des cirques par les crêtes : 4eme (et dernier) jour

Par pascalpenot - 15-01-2013 10:22:50 - 4 commentaires

Tour des cirques par les crêtes : 4eme (et dernier) jour

 

4h15 du matin… lampe éteinte, je bois mon café en regardant les étoiles. Il fait bon, 23 degrés. Je repense à Hélène, à son ravito, ses mangues, ses litchis, son sourire, sa drôlerie, chic fille… Les grillons ont depuis longtemps commencé leurs sifflements en sérénade… bien avant les chants d’oiseaux qui ne vont maintenant plus tarder quand viendront les premières lueurs du soleil.

De mon périple du tour des cirques par les crêtes planifié en six jours, j’ai comme le sentiment que je terminerai ce long voyage aujourd’hui avec deux jours d’avance.

Le moral est bon, les pieds irritent certes sous la plante mais je n’ai pas d’ampoules.

Les épaules sont rouges et meurtries, fatiguées par le poids du sac qui varie entre 13 et 16 kilos selon le volume d’eau porté. Il est devenu parfois aussi lourd qu’une enclume qu’il me faut supporter. Des images de sherpa du Népal montent en moi… je ne suis pas à plaindre…

 

4h30. Je me prépare cette fois-ci un chocolat chaud. A nouveau j’éteins la frontale. Mes yeux se réhabituent à la pénombre d’une nuit qui se termine. Bizarrement, j’ai l’impression de voir un peu plus d’étoiles dans le ciel que tout à l’heure. Depuis un an ou deux, tout l’espace, les cosmos, l’univers me fascine. Je ne m’intéresse ni à sa physique, ni à sa cartographie… Reconnaitre la une petite ourse dans le ciel, ce n’est pas l’objet de ma curiosité… Non, je suis simplement fasciné par sa beauté, la pureté de sa matière, la force de ce gigantisme finalement assez simple à suivre entre la masse, la gravité, la chaleur, le froid !

Je vois des étoiles qui scintillent. D’autres sont comme des têtes d’épingles blanches qui peu à peu commencent à disparaitre dans un voile clair, comme une lueur grisâtre. Une autre lueur semble prendre le relais et se dessiner doucement sur le relief de quelques nuages. Elle annonce la prochaine levée du soleil.

L’aurore peu à peu vient. Il est bientôt 4h40. Le chocolat et le café comme tout les matins ont rempli office… direction le fourré d’à coté pour une « mise en selles ». Elle est rapide, dans la position de la chaise, les quadriceps travailleront peu !

 

Cinq heures moins le quart, les têtes d’épingles ont disparu. Places aux tâches plus sombres et de plus en plus présentes des nuages. L'ombre des cimes des montagnes se dessinent dans un nouveau décor. De gauche à droite, je redevine le cap de la roche écrite, le triangle du Cimendef le massif imposant du piton des neiges. Dans la pénombre encore présente, il rend invisible le morne de fourche placé juste devant lui.

Plus à droite, voici la ligne de crête qui sépare le cirque de Mafate de celui de Cilaos… Je vois les contours du nez de bœuf, le creux du Taibit et enfin le nez du grand bénare ou j’ai bivouaqué la nuit  précédente.

A mesure que la clarté grandit, le voile nuageux s’affirme et les lignes se précisent. De rares étoiles tentent encore de briller une dernière fois avant de quitter définitivement la scène de ce panorama.

 

Au sommet du Cimendef un béret nuageux s’est créé… d’abord sombre il semble, à la manière graduée d’un caméléon se teinter de couleurs aux tons orangés.

Le lever du jour s’installe !

Ci et là, d’autres nuages s’illuminent, rougeoient. Les dernières étoiles meurent en même que le bleu du ciel apparait. Avec lui viennent au monde sur le flan des montagnes, la forêt, les branles, la roche. Tous se dénudent de leur robe noire nocturne pour briller à nouveau et illuminer mes rêves, ma passion!

Le jour est là. Il est 5 heures… finis de rêvasser !!! Si je veux être à Dioré ce soir, il faut que je me bouge, range tout ce bordel et prépare mon sac pour la dernière journée !

 

Je me tannerai les pieds de Nok en voyant surgir le piton cabris… J’assiste en direct à la levée du voile de la brume matinale, et la création détaillée par le premier rayon du soleil des pointes des 3 Salazes.

 

Tout est clair maintenant… Une masse nuageuse venant de Salazie semble déborder sur Mafate par le col des bœufs. Elle lèche les pentes comme le ferait une mer glacée. Elle semble aussi se gonflée pendant que je dégonfle le matelas et roule le sac de couchage.

 

5h30, un autre rayon du soleil extirpe enfin du flan du gros morne la couronne ciselée du morne de fourche. Je plie la tente. Le sac est presque prêt….

 

Je rêvasse encore quelques instants en quête de nouvelles formes, de nouvelles couleurs. Quand 6h sonne, je décolle enfin!

 

Le sentier entre le piton fougères et le gite chicot démarre par une suite de courtes montagnes russes, j’ai encore le souvenir, d’une chute sur ce sentier il y a 6 ou 7 ans. Je courrais, baigné de grâce, faisant corps avec cette terre, quand j’ai buté sur une racine. Je me souviens avoir culbuté vers l’avant, dans le cirque de Mafate. Je ne sais comment, ni par quel reflexe… je sais juste que ma main a attrapé une racine. Je me souviens de m’être agrippé de toute mes forces sur cette prise… de m’être plaqué contre la paroi… Je me fêlerai une cote, le rythme cardiaque au galop !… Peut être que ce jour, à une racine près, ça sentait l’sapin.

 

Me voici maintenant à l’intersection du sentier fermé menant à l’ilet à guillaume que je continue ma route sans trainer vers le gite des chicots. La deuxième partie du sentier est moins tape cul… plus en plaine dans une forêt plus aérée avec quelques trouées de clairières magnifiques.

 

Les tamarins sont ici nombreux, énormes et majestueux parfois meurtris sans mourir par les cyclones qui les ont ici couchés, là tordus… j’adore cet arbre si emblématique de l’ile… Il aime le feu et le soleil pour germer et sait survivre quand un cyclone semble l’abattre et avoir raison de lui.

 

Au gîte des chicots, comme d’habitude, je vais à l’essentiel… le plein d’eau au robinet la cour et je trace mon chemin.

 

J’attaque maintenant la montée de la roche écrite et sa plaine magnifique entre roches, herbes, branles et petit pitons. La profondeur du panorama est ici majestueuse. J’aime traversée cette plaine par temps couvert et la découvrir par bribes, par éclaircie. Les paysages sont parfois plus beau quand on les dessine comme se construit une image en puzzle.

 

Emerveillé dans ces pensées, je pousse la chansonnette en même temps à voix haute (ça m’arrive souvent dans les sentiers) entre dutronc, brassens, amy et d’autres… J’en louperai la bifurcation à gauche pour le sentier de grand ilet. Ce n’est qu’une fois le pied posé sur les graphitis que je rendrai compte d’être au sommet… de la roche écrite !

 

Demi-tour donc… C’était pourtant bien indiqué !

 

Avec mon gros sac qui m’entraine à chaque fois que le corps penche vers la gauche ou la droite de quelques degrés, je descend prudemment le sentier raide pour entrer dans le cirque de Salazie… jugez plutôt : environ 1000 de D- en grosso merdo moins de 3 kilomètres… Bref du 30% de pentes en moyenne avec des passages bien trapus ! Juste avant d’entamer la descente vertigineuse je croise un un boug’ créole avec qui j’entame le kozé…

I di a mwin « Lo tan lé couver ! 
- ah ah pa grav sa.. lé bon pou marsé !
- ben ou vwa pa lé péizages !
- ben… péizage, mi koné !…
- amwin ossi… mi abite en ba !
- a ben lé bon alors
- bon nartrouvé ?
- nartrouvé !

 

Une fois en bas, je me pose à l’aire d’accueil de la Ravine blanche ou je trouverai 3 robinets la cour… J’ai du temps, j’ai un jour de nourriture en trop et surtout J’AI FAIM !... Alors bien qu’il soit 11h, c’est picnic avant l’heure…Moules à l’escabèche, semoule complète, soupe d’asperges, chocolat chaud ! A TABLEÛÛHHH !!!!!

 

Pendant mon déjeuner, je croiserai Harry de St gilles et Quito de la plaine des cafres. Ils viendront à ma rencontre pour discuter rando… L’un est émerveillé !... Pas vraiment par la longueur du trek mais par son originalité…. Il me dit que faire le tour des cirques par les crêtes, ben ça... il avait jamais vu et ne pensait pas que cela pour se faire…. A mesure qu’il me flattait, je sentais en lui l’envie, le désir de parcourir et de vivre à son tour les sentiers que j’avais parcouru pendant ces 4 jours.

 

Au bout d’une bonne heure de restauration, de parlote et de flânerie, je reprends la route en direction de Bé cabot. La portion de route est assez longue, traversant le quartier de Mare à martin. Je noterai la présence d’un robinet la cour au stade et d’un autre à gauche de la chapelle.  En face de cette dernière je trouverai également une boutique ou, toujours morfale, je prendrais un dynamalt bien glacé et glace magnum au chocolat blanc (hummm c’est bon !)

 

Avec moins de dénivelé que la roche écrite, le sentier de Bé cabot n’a rien à lui envier en pourcentage. Bien au contraire, par endroit, c’est encore plus raide. des murs ou il faut carrément mettre les mains !

 

Et les deux mains !

 

Une fois sur la crête je pars en quête de ma dernière cache bouteille avant la descente finale sur Dioré

 

Cette foret des hauts de l’est est magique… Des verts vifs, mulitcolores… Une exubérance… Bien que l’ayant reconnue il y a à peine plus d’un mois, j’ai du mal à la reconnaitre… en quelques pluies (c’est la saison !), la végétation s’est multipliée. Longozes recouvrent maintenant le sentier à plusieurs endroits, créant des pièges tortueux, masquant le sol ainsi les roches, les trous, les racines. La vigne marronne également et ses ronces agacantes ne sont pas en reste… je termine mon périple pour une expédition un peu galère

 

De plus, bien que je navigue parfois dans un temps assez agréable, parfois farineux mais à peine, de forte pluies la veille ont détrempé la sentier et la forêt… de la boue, partout, de la roche glissante… tout est glissant !

 

J’ai très vite le corps détrempé jusqu’au os. J’avance avec peine. Je chute souvent (je casserai un de mes bâtons). Je sais déjà que contrairement à mes prévisions, je terminerai ce voyage à la frontale, avec un peu de nuit !

 

Mais peu importe la galère. Car putain…. Mais qu’est ce que c’est beau et QU’EST CE QUE C’EST BON (oui je sais… maso… parfois !)

 

Il sera presque vingt heures quand j’arriverai au village de Dioré. Matthieu arrivera en même temps à bord de sa Twingo. Vitres ouvertes, le corps puant, c’est le retour à la civilisation… Je réalise petit à petit que je navigue maintenant sur une voie rapide. Des phares m’éblouissent et aveuglent peu à peu mes derniers rêves ou j’étais enfoui… dans cette verdure, ces brumes envoutantes… et cette cascade blanche qui moutonnait si forte sur l’autre versant, là-bas du coté du bras des lianes.

De retour à la Kaz, je me douche, la première douche depuis 4 jours… dans la glace, mon épaule est pitoyable… la peau s’est presque décollée par endroits sous le poids du sac … Il va falloir soigner ça… et vite…dans moins de 6 jours je repars me perdre pour quelques jours encore dans les bras, les flancs de cette ile que j’aime tant !

 

Fin

(à la prochaine)

 

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Tour des cirques par les crêtes : 3eme jour

Par pascalpenot - 14-01-2013 11:39:19 - 2 commentaires

Tour des cirques par les crêtes : 3eme jour

4h30… le réveil du téléphone balance sa musique douce dans la nuit qui s’achève… déjà une bonne demi-heure que je suis réveillé, la vessie gonflée et douloureuse… Le thermomètre de la Suunto plafonne à 9 degrés sous la tente… combien dehors… 4 ?  Un peu plus ? Un peu moins ?… Pas encore envie de le savoir, pas encore envie d’avoir froid… je suis bien dans mon sac avec confort à zéro… suis bien au chaud… dans un état de bien être à une prostate douloureuse près !

Dehors j’ai entendu des gens arriver. A priori deux gars… ils semblent être montés de nuit pour assister au lever du soleil au sommet du grand Bénare… Le lever du soleil pour ma part...préfères rester au chaud de mon duvet… je vais attendre un peu qu’il soit assez levé pour chauffer l’air... En attendant, sous la tente, je me prépare un bon café puis un chocolat chaud.

 

A mesure que les rayons du soleil réchauffe l’atmosphère, je me réveille tranquillement, vide enfin ma vessie, prépare mes pieds pour la nouvelle journée, plie le bivouac. Je me décide finalement sous une température moins froide à prendre le chemin du Maido.

 

Il est 6 heures quand au pied de la croix, au départ pour un dernier regard, je resterai finalement collé de longues, très longues minutes à rêvasser sur la beauté bien réelle que me donne cette ile à son réveil matin… Malgré la brise froide, je ne bouge plus, j’en oublie le temps, mon rendez vous du Maido... Seul un sentiment de liberté m’envahit… une liberté sublime, éternelle !

 

Comment se lasser de ça !

 

Je sors de mes pensées par un message d’Hélène qui m’informe qu’elle est à la bourre… Je regardes ma montre et je me dis : « tant mieux !!! ».... A force de rêver tout haut avec devant moi la beauté de Mafate, de Cilaos, du massif dominant du Piton des neiges ou celui plus discret du morne de fourche, j’avoue que je ne suis pas très en avance non plus.

 

C’est à peu près en même temps que nous nous retrouvons au parking du Maido… Elle est accompagnée de Sandrine que je découvre et qui reprends les sentiers. Pour le ravito, elle m’a apporté un énorme panier dans lequel m’attendent pour le ti déj des fruits que j’appelle affectueusement mes bonbons !... des Mangues josés (hmmmm c’est bon !) et des litchis (hmmmmmm que c’est bon !)

Après ce ravito gourmantd, Sandrine armée de sa ceinture de Water-cowboy et Hélène drapée de son beau tee-shirt militant m’accompagneront un peu plus de 2 heures en direction de l’ilet alcide… Leur compagnie me sera très agréable… Après 2 jours de randonnée solitaire, je me retrouve à papoter comme une vieille fille sur un peu tout et beaucoup de riens.

 

De retour dans ma solitude bien avant midi, je fais un état des lieux de ma journée… Il fait beau et bon… Bien que le sac se transforme peut à peu en fardeau pour mes épaules trop maigres, je me dis que je peux atteindre l’arête séparant dos d’âne de Mafate sans trop me speeder avant ce soir…. Ca ferait un bon endroit pour bivouaquer.

 

Dans la descente vers sans souci, je trouve un peu de gomme arabique à me mettre sous la dent

 

Je cueille également en traversant un champ, une feuille de géranium rosat pour ma semoule du soir.

 

Arrivé à  l’école de sans souci, je fais ma pause casse croute à la boutique « chez Bernard »… En ce troisième jour, je commence à avoir des envies « de conneries »… après une grande eau de Cilaos, je mangerai une glace, un bounty et un mars !!!

J’en profite également pour faire le plein d’eau au robinet du stade de hand à coté de l’école.

 

Après le lit de la rivière des galets, j’embraye sans attendre vers dos d’âne par le quartier Pichette… « Et les dindes…. Vous savez que c’est bientôt noël ?.... gare à vos miches ! »

 

Dans les raccourcis du quartier je tombe sur des passiflores poc poc…

 

Un genre de mini fruit de la passion en plus sucré (miam miam !)

 

Je trouverai également deux, trois prunes malgaches à me mettre sous la dent

 

Arrivé à dos d’âne, Il est 17 heures passée quand je refais une nouvelle pause casse-croute (décidemment en ce troisième jour de trek, je ne pense qu’à bouffer !!!) à la boutique Vival avec pain aux raisins, chausson aux pommes, une 50cl de Cilaos et un Yop coco.

 

Après avoir refait le plein d’eau à l’aire de pique nique à coté du stade, je grimpe la roche vert bouteille… Je sais maintenant que j’ai largement le temps pour arriver avant la nuit au lieu de bivouac que je voulais : à la croisée des sentiers de la plaine d’Affouches et du gite chicot ; au piton fougères. Sur place, il fait bon, ni trop chaud, ni trop froid. Je m’installe tranquillement et prends ma douche à la lingette sous les derniers rayons du soleil.

 

Au menu du soir, l’éternelle semoule complète, une fois n’est pas coutume parfumée au géranium, et accompagnée pour ce soir par une boite de foie de morue… La ravito d’Hélène de ce matin m’offrira en supplément le dessert du soir avec une pomme. Je me coucherai en même temps que la nuit après un long regard en l’air, à regarder surgir peu à peu les premières étoiles dans le ciel noir.

 

A suivre

 

 

 

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Tour des cirques par les Crêtes : 2eme Jour

Par pascalpenot - 07-01-2013 19:16:29 - 2 commentaires

Tour des cirques par les Crêtes : 2eme Jour

 

Hier soir un SMS d’Hélène m’annonce qu’un empêchement  ne lui permet pas de m’assurer un ravito-fruits, ni le roulage pour les 10 kilomètres de routes menant au Tapage les hauts, ni de m’accompagner dans les sentiers quelques heures.

A 4 heures de matin, je déjeune donc léger avec un café puis un chocolat chaud. Je range de bivouac, refait le sac et repars pour le de deuxième jour de mon voyage

 

En passant dans la rue Emile Rivière très habitée, je tombe sur une dame au réveil dans son jardin dans lequel se trouve un litchi énorme et chargé de fruits qui débordent sur la route.

« Vous ne les mangez pas vos litchis ? »
- Ils ne sont pas encore murs?
- Ah mais pour moi ils sont assez rouges, je peux en gouter un ?
- Bien sur !

Sous le regard bienveillant de la dame, j’en cueillerai une branche entière… La vitamine bio du ti déj est servi !!!!
Dans le jardin d’un autre case abandonnée, je trouverai également un litchi moins chargé mais aux fruits bien murs… je me rempli le ventre en descendant le sentier ilet Rolland vers la rivière de Cilaos.

Dans ce sentier je trouverai des Manguiers aux mangues pas encore murs ou bien inaccessibles dans la pente raide et des Jacquiers  avec des ti jacques trop murs !

 

 

Une fois à l'emboucgure du cirque de Cilaos, je parviens à traverser la rivière sur les galets sans avoir à me déchausser.

 

Sur la route menant à la Rivière St louis, je trouverai enfin un manguier en bord de chemin avec des fruits murs et bien sucrée à manger. Je discuterai également quelques minutes avec un Boug dans le jardin de sa case qui semble à la fois émerveillé par mon périple et un peu inquiet pour moi.

 

A la Rivière je m’arrête au premier chinois pour un manger ce qui sera à la fin la fois de mon ti déj et mon repas de midi. Eau de Cilaos, 2 Yop, 1 vache qui rit, 4 bonbons miel, 1 tablette de chocolat seront mes gâteries du jour.

Une fois tous ça avalé, je reprends la route en direction de la pente Nicole ou m’attend l’arrêt du bus pour le Tapage. En attendant l’arrivée du car j’envoie un SMS à Hélène qui devient peu à peu ma bonne fée logistique et ma chroniqueuse Facebook.

 

Je m’attendais au vu des virages qui nous attendent à un petit bus des hauts. Mais non c’est un gros 40 places qui se gare devant moi. Je paye, m’assoie et écoute les créoles discuter entre eux. Le chauffeur de bus semble connaitre la route et les angles des virages par cœur…Souvent il s’engage dans des épingles à cheveux en retournant la tête vers nous pour discuter tout sourire avec les passagers.. Il est fou !

 

Il est au environ de 9 heures quand le bus me dépose et que je peux enfin retrouver la terre des sentiers!!!
La montée du sentier du Tapage les hauts est déja chaude mais avec une légère brise agréable. Il m’offre de nouveaux points de vues que je ne connaissais pas… sur la ravine grand fond du coté gauche aux flans du Dimitile de l’autre (photo ci dessous).

Je croiserai un peu de monde notamment un couple lui zorey, elle créole avec chacun un masque épais de crème solaire recouvrant le nez et les joues. Il ne manquait qu’à leur déguisement, la larme de pierrot

 

En entrant dans le sentier menant aux Makes je me retrouve sur le parcours d’un course, un raid sur 4 jours… Je croise Aurélia Audigier une jeune traileuse et son dossard 11. Rieuse et très sympa, on discutera tout en faisant du yoyo pendant une bonne demi heure jusqu’au sommet des Makes. Elle me dépose aisement dans les descentes que j’attaque avec prudence car le le sac  accentue le moindre degré quand je balance à gauche ou à droite dans la caillasse. Je reviens par contre régulirement sur elle au train dans les montées malgré mes 15 kilos sur le dos. Un peu cardio pour un Traileur... ça se refuse pas.

Je quitte le parcours de la course alors qu’ils redescendent par la route, pour tourner à droite et attaquer la montée vers le piton du petit Mapou dans lequel m’attend ma première cache d’eau de la journée.

 

Le sentier est très beau au niveau du petit Mapou. Il passe dans une belle foret d’altitude de Tamarins et de Mapou

 

Il se termine au niveau du Camp 2000 sur une route forestière moins agréable qu’il faut remonter de longues minutes avant d’arriver à l’entrée du sentier des Bénares. J’y récupérai une autre bouteille d’eau cachée et fera une pause en avalant une boite de saumon à l’huile d’olive. En effet à ce ryhtme, jer me dis déja que ce périple initialement prévu en 6 jours va s'achever en 5 voire 4 jours... Ayant initialement pas prévu de manger le midi, je me retrouve avec des rations de nourriture en rab...Et puis je me dis que ça fera toujours 160g en moins dans le poids du sac!!!!

 

Dans le sentier du petit Bénare je suis en plein dans la zone d’incendie du Maido de l’an dernier…. J’ai le souvenir des ces paysages déja emprunté il y a quelques années… A une période de l’année l’herbe est ici d’un jaune vif tachetéée par de vert à divers tons des arbustes qui dépassent la végétation. Des couleurs qu'auraient surement aimé Vincent Van gogh!... C'est ou plutôt c’était si beau que l’on ce serait cru à admirer une savane d'afrique dans laquelle on attendrait à tout moment la venue d'une girafe, d'un zèbre ou le cri de la lionne.

Aujourd’hui ce paysage désolé qui démarre sa renaissance... c'est comme une vision étrange, pas laide... ni belle non plus… juste étrange!

 

 

Ayant plus de temps qu’il n’en faut pour arriver au sommet du grand Bénare avant la nuit je flâne et monte à allure lente tachant de ménager es épaules qui commencent sérieusement à ressentir le poids du sac. Au ti Bénare, j’inspecte la grotte dans laquelle j’aurai dormi si mon périple du jour s’était arrêté la !

 

Je pars ensuite récupéré mes 2 bouteilles d’eau cachées dans les parages.si je trouverai la première facilement, je mettrai des plombes pour trouver la deuxième cachée derrière un fourré... Le problème c'est que dans la zone de cache... des fourrés... y'avait qu'ça!!!

 

Arrivé au sommet, je pose le sac et m’avance au bord du rempart pour admirer entre 2 trouées nuages ce paysage merveilleux... Je ne bouge plus... j'ai le sentiment d'être seul au monde au dessus de ce coeur magnifique de ce paradis... J'épouse et prends le temps d'admirer mon éternel Eldorado!

 

Entre 2 masses nuages, le cirque de Mafate se découvre peu à peu laissant deviner les plis et les arêtes majestueux de son relief. Cilaos par contre restera capricieuse, couverte et masquée.

 

 

C’est l’heure de préparer le bivouac, il est un peu plus de 17h30 le soleil est encore la mais le vent froid préfigure déjà que la nuit sera fraiche... Pas mécontent d'avoir le sac à zéro degrès confort pour ce soir.

 

Après une douche à la lingette, je me change et attaque le repas composé de foie gras, de semoule complète et d'une soupe aux asperges. Puis très vite je me mets sous la tente et à … 18h30 alors qu'il fait encore jour, je démarre ma nuit…
Je commençais à somnoler quand je reçois un message d’hélène qui confirme le rendez vous de 8h au Maido demain matin... Cooooool!

 

A suivre...

 

 

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Tour des cirques par les Crêtes : 1er Jour

Par pascalpenot - 06-01-2013 19:43:39 - 2 commentaires

Tour des cirques par les Crêtes : 1er Jour

 31,27 Km - D+ 2061 - D- 2974 - 11h27

http://www.openrunner.com/index.php?id=2169995

Jeudi 20 décembre. Jour férié à la réunion ; c’est fête Cafres !... C’est aussi le début d’un périple original d’une randonnée au long cours. Je démarre le tour des cirques par les crêtes. Avec les fortes pluies de ces derniers jours, j’ai abandonné l’idée de démarrer dans les hauts de l’Eden et de traversée la foret des lianes par le sentier de Bélouve. Je doute que les passages à gué du bras des lianes et du bras piton soient praticables et surs.

 

Je démarre donc du gite de Bélouve. Je suis arrivé la veille avec Matthieu qui a assuré le roulage et la veillée avec sa guitare. Bivouac au parking… feu de bois, camarons, bananes braisées.

 

Le 20 au matin un peu avant 8h, je salue Mathieu et je décolle. Le sac est à un peu moins de 14 kilos… selon le portage de l’eau il montera jusqu’à 16, ce qui est beaucoup pour un porteur qui chiffre 63 kilos sur la balance.

 

Le premier tronçon entre bélouve et le gite du piton des neiges est un sentier dans lequel je n’ai pas mis les pieds depuis 5 ou 6 ans. J’avais juste le vague souvenir d’un sentier humide et boueux. Effectivement, je devrai jongler pas mal dans les rondins posés entre les flaques

 

Régulièrement je m’arrête pour observer le point de vue magnifique sur Salazie

 

Hélène m’avait  averti d’un avis de fortes de pluies dans le nord et dans l’ouest… mais ici sur ce sentier de l’est j’aurai à peine quelques minutes de farine la pluie sur cette partie menant à la caverne dufour.

 

Au gite du piton des neiges j’embraye et attaque  de descente du coteau Kerveguen

 

J’y croiserai un couple de randonneur don la femme portait une sorte de grand manteau mexicain descendant très… « Mais vous devez crever de chaud la dessous ! » elle re répond qu’elle avait froid tout à l’heure, il y avait du vent dans le sentier.

Effectivement en longeant le cirque de Cilaos, on entend les bourrasques de vent jaillir du cirque

 

 

Arrivé à la mare à Myriam, je pars récupérer ma premier cache bouteille de la journée

 

J’attaque maintenant le sentier jacky isnart qui longe le bord du cilaos pour rejoindre le dimitile

Je croiserai dans ce sentier 2 zorey accomapgné d’une belle créole. Il est environ deux heures et demi et ils me demandent si c’est encore loin le gite du piton de neiges. Comme souvent je réponds que cela dépend de leur rythme de marche. Mais bon, je leur dis qu’ils ont largement le temps d’arriver au gite et que rien ne sert de presser… je leur conseille plutôt de flâner et de profiter des paysages et du sentier sous ce temps agréable plutôt que de tuer l’ennui au gite en attendant le rougail saucisses du soir.

 

C’est un sentier  très agréable quasiment sans boue et comprenant pas mal d’échelles sur une partie.

Je ne sais ou on lieu les fortes pluies annoncées par météo France, mais ici la chaleur commence à taper dur… je me badigeonne visage et bras de crème pour la première fois

 

Arrivée au Dimitile Cilaos se dégage de plus en plus montant tous ses reliefs !

 

A la croisé du sentier Dimitile et gite Bardil je récupère ma deuxième cache bouteille avant de repartir pour les dentelles du Dimitile puis la descente du Bayonne

 

 

Je trouve que le sentier Bayonne malgré sa technicité et ses passages étroits est plus facile à descendre qu’à montée.

 

 

J’en suis déjà à plus de 10h de marche et j’ai la plante des pieds qui chauffe un peu et le sac de plus ou moins 15 kilos selon le poids en eau qui commence à peser un peu sur les épaules.

 

J’arriverai dans le sentier du coteau sec à la nuit tombée… faisant partie des rares portions que je n’ai pas reconnues je planterai la tente en plein sentier au premier endroit plat que je trouverai.

Après douche à la lingette et repas semoule sardines à l’huile d’olive et soupe d’asperges, je me couche au son du bruit sourd venant de l’entre deux de la musique pour la fête du 20 désamb. Ilfait chaud, la suunto affiche 28 degrés… je dormirai en short sans sortir le duvet.

 à suivre...

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