KikouBlog de pascalpenot - Août 2009
pascalpenot

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Archives Août 2009

La faune Réunionnaise

Par pascalpenot - 10-08-2009 19:18:49 - 3 commentaires

L'endormi se sauve en catimini

Endormi male croisé au début de la route forestière de Mare longue

***

Le tangue sans peur et sans lunettes

Tangue croisé dans la boucle de la pleine des grègues dans les haut de St joseph

***

Babys tangue à la sortie de sentier roche bouteille à dos d'ane

Des petits tangues, de vrais marcassin miniatures

***

La Bibe tisse

La bibe araignée inoffensive croisée sur le sentier de la canalisation des orangers

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Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 08 - Statistiques

Par pascalpenot - 09-08-2009 22:43:42 - 2 commentaires

Les temps de la ballade... rythme marche à marche sportive - sac à dix kilos - bâtons à poste

J1 : Mercredi 7 mai - départ à 12h30
La providence : 0
Le brulé : 1h12
Mamode camp : 2h05
Gite des chicots : 3h28
Bord Salazie : 4h26
deux tiers sentier Roche E./Grand ilet : 5h08 (bivouac dans le sentier à 17h38)

J2 : Jeudi 8 mai - départ 06H25
Bivouac sentier : 0
Route Mare à martin : 0h27
Grand Ilet : 0h47
Le belier (début du sentier GR) : 1h26
Grand sable : 2h
Arrivée Hell bourg : 3h49 (pause casse-croute)
Départ Hell bourg : 4h18
Gite de Bélouve : 5h25
Col de Bébour : 7h59 (par RF)
Ch de la petite plaine (D55) : 8h52
Kiosque départ sentier Piton Doré : 9h54 (bivouac au kiosque)

J3 : Vendredi 9 mai - départ à 07h30
Kiosque piton doré : 0
Textor : 1h50
Arrivée snack du rd point le "Kiosk" Bourg murat : 3h30
Départ snack "le Kiosk" : 4h14
Mare à boue : 5h15
Coteau Kervéguen : 7h45
Giton piton des neiges : 8h28
Le bloc : 9h52 (donc 20mn de conseils et assistance auprés de randonneurs)
Gite "Roche merveilleuse" : 10h25 (nuit en gite et bon cari!)

J4 : Samedi 10 mai - départ 06H30
Gite RM : 0
Bras sec (par la RD241) : 1h20
Palmiste Rouge : 2h37
Arrivée Peter both : 3h10 (pause boutique)
Départ Peter Both : 3h25
Ilet Haute : 4h36
Arrivée Gite Pavillon : 5h09 (civet coq et gateau songe!)
Depart Gite Pavillon par RN5 : 5h56
Début sentier Burel : 6h13
Ilet à cordes 8h03 (pause boutique 15 mn)
Fond riv. bras rouge dans sentier reposoir : 09h20 (Bivouac bord riviere)

J5 : Dimanche 11 mai - départ à 07h30
Fon Riviere sentier du reposoir : 0
Arrivée Cilaos : 1h (pause boulangerie et superette)
Départ Cilaos (par sentier porteurs puis bras rouge) : 1h34
Route du Taibit : 3h13
Arrivée Ilet 3 Salazes : 3h40 (Tisane ascenseur)
Départ Ilet 3 salazes : 4h
Sommet Taibit : 4h52
Marla : 5h16 (donc 5 mn de cours de bâtons à une randonneuse)
Arrivée 3 Roches : 6h15 (pause pic nic - semoule/lentilles)
Départ 3 Roches : 6h45
Roche Plate : 7h50
intersection Ilet à cordes : 8h39
Roche Ancrée : 9h
Sommet montée grand place les hauts : 9h52
Gite le pavillon Gd place les hauts : 10h05 (nuit en gite et cabri massalé divin!)

J6 : Lundi 12 mai - départ à 06h30
Gite Pavillon : 0
Ilet à bourse : 0h51
Ilet à Malheur : 1h37
Arrivée Aurère : 1h55 (pause chocolat chaud)
Départ Aurere : 2h26
Arrivée 2 Bras : 4h43 (flânerie dans le bras des merles) RDV avec Cédric
Départ 2 Bras : 4h57 avec Cédric accompagnateur pour le final
Eglise Dos d'ane : 6h17
Arrivée Stade Dos D'ane : 6h40 (pic nic)
Départ Stade Dos d'ane : 7h33
Piton Fougères : 8h26
Kiosque d'affouches : 9h27
Colorado : 10h49
St Denis la Redoute : 11h50

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Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 07 - Epilogue

Par pascalpenot - 09-08-2009 22:39:59 - 2 commentaires

C'était "ultra nature"....
Je suis encore dedans!!!
J'ai navigué dans le corps de l'ile
Traversé son sang et sa chair.

Ses montagnes m'ont enflammé de mille feux,
Et le ciel, d'abord capricieux,
M'a arrosé de trombes d'eau puis de rayons apaisants.

Durant six jours, cette ile m'a béni et je l'en remercie.
J'ai basculé au coeur de sa nature,
Comme un négatif de civilisation
retournant le miroir de l'éco-citoyenneté vers la citoyenno-écologie.

Que dire d'autres...
J'entends encore résonner en moi
Les notes résonnantes des ravines, cascades et autres chemins d'eau.
Ils repètent inlassablement leurs gammes
Déja prêt pour le concerto d'un prochain week end

Kann sauvaz lé dou!

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Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 06 - Jour 6

Par pascalpenot - 09-08-2009 22:33:50 - 3 commentaires

  

Alors que l'asso m'avait prévenu que je dormirai dans le dortoir des ronfleurs et des pétomanes, j'ai roupillé d'une seule traite, réveillé par ma prostate un peu avant 5 heures. Sans faire de bruit, je défais mon lit et attrape mon sac pour prendre place sous la varangue de la boutique. Je me prépare en attendant le petit déjeuner du gîte servi à 6h. Je termine mes compléments alimentaires, sors mon réchaud pour consommer mes derniers dosettes de café, fais le plein de ma 75cl d'eau et termine mon attente pour une longue lecture de mon journal concentré sur le trône.

Après avoir avalé une baguette entière (le gîte fait aussi boulangerie), deux beurres et de la confiture maison à la goyave de chine et au jamblon, Il est 6h30 quand je démarre. J'avale l'ilet à bourse, fais de l'eau à l'ilet à Malheur ou je découvrirai qu'un camping vient de s'ouvrir et repars dans l'idée de faire une pause à la boutique d'Aurère pour un chocolat chaud. Le rythme est bon et les jambes aussi. Le parcours de cette dernière journée épousant le parcours possible du grand raid, je me dis que mes temps pourraient être instructifs pour des objectifs à 40 heures.

A la boutique, je discute kabare et environnement avec la patronne. En effet, Il y avait samedi un concert à Aurère qui faisait suite à une autre donné à Marla le samedi précédent. Je lui fais pars de mon agacement devant cet effet de mode attirant dans le cirque un clientèle de fétard pseudo-randonneurs pour lesquels l'environnement est quelque chose qui semble les dépasser. J'argumente pour le kabare d'Aurère en prenant exemple sur l'aire de bivouac de l'ilet devant laquelle je viens de passer et dont les ordures débordent de toutes parts entre les tentes encore en place et, pour le kabare à Marla en lui montrant 2 photos prises aux Trois roches et à Roche plate.

Lit de la rivière des galets aux Trois roches... No comment

A roche plate...

Après mettre laisser tenter par une crêpe pour accompagner mon chocolat chaud et avoir convaincu la dame de la boutique à ce que les musiciens martèlent entre deux chansons que Mafate c'est pas Ravine St leu et que chacun se doit ramener sa merde, je retourne à mes sentiers. Très vite les pensées de ma discussion de comptoir s'évanouissement.

La bonne nouvelle du jour!!!... Devinez ou je serai fin juillet...

D'abord par une bonne nouvelle (un panneau signale des travaux en cours dans le sentier Augustave laissant présager sa prochaine ré-ouverture) puis parce que j'arrive sur un sentier que j'attendais depuis longtemps.

Ne dit-on pas souvent que l'on garde le meilleur pour la fin?

You know what?... I am Happy (Droopy Man)

Le sentier du Bras des merles est une merveille de la randonnée. Avant ce périple, je l'avais emprunté une fois, toujours avec mon zèzer Anise. Un vrai sentier de ravine ou le chemin cherche sa voie entre deux parois parfois très étroite, coupant souvent la rivière qui l'accompagne quand elle n'épouse pas son lit.

Une vieille échelle de bois qui mériterait d'être classée au registre des monuments historiques!

Egalement, intégrées à la forêt primaire, beaucoup de plantes comestibles se sont naturalisés. Aussi, sur le parcours on trouve beaucoup de songes, de la patates douce et même de la canne à sucre sauvage et juteuse. Quand aux arbres fruitiers, manguiers, jaquiers et goyave de chine ne manquent pas.

Très peu emprunté, peut être parce qu'une pancarte à Aurère précise "Pour marcheurs expérimentés", mais aussi parce qu'il offre peu d'intérêt pour les coureurs de montagne (impossible d'y courir aisément dans ce lit de caillasses et aménagement de marches et d'échelles de bois vieillissants, d'ou mon étonnement de le voir inscrit provisoirement au menu du prochain grand raid (le GRR prendra finalement l'option source cabris et la porte plus roulant), ce sentier est de plus très propre et…. Comment dire…. Très pur! Il me rappelle mes randonnées Tahitiennes ou sans ONF et organisme équivalent, il faut randonner en remontant le lit des rivières, escalader ou contourner des cascades et avancer parfois à l'aide de la machette en se repérant selon l'arête des crêtes descendants vers la mer ou sur la position du soleil. D'ailleurs très difficile d'y randonner sans guide. Aussi, après avoir sympathiser avec l'un d'eux, il m'arrivait souvent de partir en éclaireur tailler des sentes, plonger dans des fougères pour marquer des traces ou recréer des chemins, le coupe-coupe à la main. Un vrai régal!

Marcheurs expérimentés ou pas, allez dans le bras des Merles. Du corps de cette île, ce sentier est son poumon!

Arrivé dans le bras de la ravine, je suis totalement déconnectée. Exit la volonté d'être à Saint Denis avant la nuit. Exit le grand raid, exit tout le reste d'ailleurs. Je ne suis plus le simple visiteur amoureux de ce paradis. Je deviens une partie de cette île, de son corps. Je trouve mon rôle dans sa structure, dans son souffle, dans son évolution. Je n'observe plus la nature, je fais partie d'elle.

Mon esprit qui s'évade à petits pas, revient à la réalité par un sol jonché de goyaves de chine. Je lève les yeux… Mon dieu!!…J'en vois des belles dans les hauteurs. Je pose mon sac et tel un singe malin, je commence à secouer l'arbre pour faire tomber celles qui sont à points. Alors que je secoue énergiquement, j'entends une première s'écraser sur le sol mais ne parviens quand je me retourne à la repérer parmi celles moisissant déjà à terre. Et merdeuh!… Deuxième secousse…. Cette fois ci je la vois chuter et commencer à rouler en dévalant dans la pente du sentier… je lui court après pour ne pas la perdre de vue avec la crainte qu'elle termine sa course dans la ravine. Par chance, une racine viendra à mon secours et stoppera sa fuite… Victoire!… Allez viens ma belle que je goutte ta sève!

Pieds de songes et de patates douce

Plus bas, je trouverai un beau bâton de canne bien mur et délicieux. Et quand, pour en avoir vu énormément plus haut, j'entreprendrai de récolter de la patate douce bio pour Anise, je n'en verrai plus garnir les pieds de songes.

"Petite madame de la Martiniqueuh..." (Chanson de Joséphine Baker autour d'un bout' canne!)

T'en fais pas, Cédric.... T'en trouveras d'autres des Camelbaks!

J'arrive à Deux Bras en même temps que Cédric venu à ma rencontre depuis St denis. Je remplis ma bouteille de 75cl dans la rivière et donne à Cédric mes deux autres bouteilles de 75cl pour résoudre le problème de son camelbak qui fuit.

Nous monterons dos d'âne à bon rythme, en profitant au sommet d'une pause vitamines auprès de quelques pied chargés de goyaviers.

Au stade, nous nous arrêtons pour faire de l'eau et manger. Je sors mon réchaud et avec ce que nous avons en commun dans nos sacs, nous parvenons à composer un menu fait de soupes, de sandwichs à la sardines à l'huile (saupoudrés de baies de roses récoltées à deux bras) et de pains d'épices. Cédric m'informe que le robinet d'eau du Colorado est cassé. On fera donc le plein des bouteilles et du camelbak après une réparation de fortune avec un élastique.

Pour la dernière partie vers Saint Denis que beaucoup d'entre vous connaîssent bien, je laisserai Cédric passer devant. Je sais qu'il aura tendance à marcher à son rythme, (et son rythme est très bon). Je m'en servirai donc de lièvre pour, malgré le poids du sac, mes pieds irrités et ma fatigue musculaire élever le rythme pour de la rando sportive, presque de la rando-course en descentes.

Je parviendrai à la suivre sauf après la RF de la plaine d'affouche et jusqu'au Colorado ou il partira en fartlek.

Au kiosque d'affouche nous croisons deux randonneurs a qui nous offrons un peu d'eau et profitons en échange, surtout moi, de leurs bananes séchées et de leur dates.

Dans la dernière descente vers la redoute, alors que la nuit tombe, Cédric me demande devant Saint Denis illuminé si je n'ai pas un peu d'amertume d'être à la fin de mon voyage. Je lui dit que non…. Mes jambes, à vouloir suivre son tempo effrené ont maintenant une vrai bonne fatigue et je ne suis pas mécontent de rentrer chez moi. J'ai physiquement envie d'en finir…

Par contre, mon esprit… que vous dire… aujourd'hui encore, en y repensant, il m'arrive d'être encore "dedans"… Je m'évade souvent là-bas entre deux pensées…. Je suis toujours et peut être à jamais quelque part dans ce corps si beau, dans cette symphonie d'eau et de pierres, dans cette île ouverte et si fragile. Puisse le hasard de la vie me permettre d'y retourner pour y vieillir...

Le pied de la fin...

 

La vérité vient toujours de la bouche des enfants...

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Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 05 - Jour 5

Par pascalpenot - 09-08-2009 22:08:01 - Aucun commentaire

 

 Cinquième jour....

Dimanche 11 mai, cinq heures du matin… Qu'est ce que j'ai bien dormi! Pour résoudre le problème de la condensation j'ai dormi tente ouverte. Quand à la météo, il faisait tellement bon que j'étais juste en slip sur le sac de couchage une bonne partie de la nuit, une belle nuit étoilée.

Pour éclairer le campement et me réchauffer un peu de la brise matinale je ravive les braises du foyer et remet du bois pour un feu plus grand encore que la veille. Parfois le feu pète comme des pétards! En fait, ce sont les galets qui, à la chaleur, se fendent ou explosent en éjectant de bouts de braise parfois à plus de 3 mètres. Un vrai feu d'artifice de fortune… Ces pétards feront plusieurs trous dans ma bâche, perceront mon sac de rando et brûleront même un bout de plastique de mon cardio!

J'accompagne le lever du jour avec mon ti-déj composé de lait écrémé et de protéines en poudre, d'un déca puis d’une tisane, d'une demi baguette et de mes compléments alimentaires.

Pour le rangement je prends mon temps, aujourd'hui, c'est la rentrée dans Mafate avec au bout de la journée une réservation faite, sur ma demande, par Anise gîte du pavillon à Grand place les hauts, une table paraît-il réputée. Il est 7h30 passé quand j'attaque la remontée du reposoir vers Cilaos. Je monte d'un pas tranquille l'appétit aux aguets. Je sais que ce sentier regorge de vitamines bio et après ma journée bredouille de la veille, je compte bien me rattraper!

Les poc poc appelés en métropole "l'amour en cage"

Finalement, je ne trouve que deux trois poc-poc à peine mures, quelques framboise des bois et suce quelques graines de galabert. Les goyaves de chine sont encore vertes et les mûriers attendent de mûrir. Aussi, j'arrive à Cilaos avec une fringale psychologique frustrée. Au boulanger, je me rattrape par deux macatias, un au coco, l'autre aux chocolat/amandes. Je prendrai une barquette de fruit composée de morceaux d'ananas, kiwi, pastèque et papaye à une vendeuse de bord chemin. Et à la supérette, outre une boite de lentilles pour ma gamelle du midi, je prendrai un gros yaourt à boire et une eau de Cilaos…

Je repars le ventre apaisé vers le sentier des porteurs puis le Bras rouge. Dans la descente, je croise Sonia, une Dénivienne en ballade avec sa famille. Le bras rouge se traverse par les cailloux et je remonte le sentier à bon rythme juste distrait par un papangue en quête de nourriture. Je traverse la route et entre déjà dans le Taibit, décidé de faire la pause un peu plus haut à l'ilet des 3 Salazes avec une tisane ascenseur. Il y a du monde autour de l'abri de bois à l'entrée de l'ilet… J'attends mon tour de tisane en dégustant un gâteau au mais sosso et écoute les discussions des randonneurs en reposant mon dos. Je repars 20 minutes plus tard et continue ma montée à bon rythme rando. Au sommet, je salue une troupe de randonneurs qui pique nique et bascule dans Mafate.

Mafate.... mon Eldorado!!!

20 minutes plus tard, j'arrive à Marla. La pause est de courte durée juste le temps de faire de l'eau. L'heure tourne et même si le timing est bon, je veux faire ma pause déjeuner aux Trois roches. Juste avant d'arriver à ce site merveilleux, je croise mon Kiné qui, la preuve par l'image, trouve forcement que je vais mieux! Je traverse la rivière et installe mon réchaud sous un filao. Au menu semoule et lentilles. Je fais la vaisselle dans la rivière et repars illico vers roche plate. La pause a duré 20 minutes.

Mes jambes sont toujours merveilleusement bonnes, je marche à allure rando à un bon timing agréable, avec toujours les bâtons qui me font oublier le poids du sac. A la croisée de Roche plate, j'attaque directement vers le Bronchard…. Je souhaite arriver au gîte de Grand place avant la nuit pour avoir le temps de me pauser un peu avant le dîner.

Après le cimetière j'attaque la descente du sentier facteur, malgré mon barda, je trottine légèrement tout en prudence et je pense au futur Grand raid. Mieux aménagé, cette descente n'a pas à rougir de difficulté face à celle du fond Mafate emprunté l'an dernier. Elle est raide, pentue et certains endroits invite à la prudence.

La descente du sentier facteur ressemble parfois à un escalier en colimaçon désarticulé pour mieux épouser les refliefs capricieux du terrain

Je m'arrête de temps en temps pour boire, prendre quelques photos et regarder le paysage. Après deux passages dans la ravine rivière, j'attaque aux bâtons, une petite arête nerveuse jusqu'à un oratoire avant de basculer à nouveau dans une descente bien raide jusqu'à la roche ancrée.

Une fois au bord de la rivière, évidemment, les passages de pierre ont été emporté par la dernière saison des pluies. Au lieu du passage habituel, le débit est dangereux pour une traversée à gué. Aussi, je remonte de quelques mètres sur la roche et me glisse comme sur un toboggan pour atterrir dans une eau et un passage à gué plus calme et plus sur.

Une fois de l’autre de coté de la rivière le sentier emprunte un plateau plat jusqu'à la croisée du sentier effondré du cap noir. Je suis maintenant au pied du mur qui mène vers grand place les hauts. Je me rappelle de ce sentier emprunté deux ans plus tôt avec Anise. Un seul mot me revient : Pénible !

Ce sentier devrait être au programme du prochain Grand raid. C’est pire que la montée de Dos d'âne. Ici pendant toute la montée, il faut oublier les mots « plat », « parties descendantes » et « récupération ». Exit tout cela. Ici, ça monte tout le temps! C’est du raide sans aménagement avec très peu de marches, surtout dans la première moitié. Le mollet est étiré en permanence, le pied jamais à plat et on flirte avec la douleur entre la contracture et la crampe. Je mets au défi quiconque, de pouvoir courir dans cette première partie !

All in all it's just another brick in the wall...All in all you're just another brick in the wall (Pink floyd)

En avance d’une bonne demi heure sur mes prévisions et sachant qu’il faut moins d’une heure pour être en haut, j’aborde cette montée sur un rythme cool en me reposant beaucoup sur mes bâtons. Pas envie de douleur, pas envie de souffler comme un bouc… Je veux juste avancer, tranquille. Je sais quand dans un peu plus d’une heure, je serai au gîte, alors piano. Dans la montée, je doublerai un couple avec un chien… En discutant un peu, on se rend compte que nous avons le même terminus, la même table au même gîte même si eux dormirons sous tente.

Grand place au pied du piton carré. Un îlet à la campagne

Au sommet, je prends le temps d’admirer l’ilet. Grand place, c’est aussi grand que la Nouvelle mais avec dix fois moins de cases… c’est très aéré et très herbeux, un vrai ilet de campagne pourrait-on dire à contrario de la Nouvelle qui est devenu un vrai ilet « de ville ». Dans la descente, j’inspecte les goyaves de chine et les prunes malgaches mais elles ne sont pas encore mures…. Faudra repasser dans un mois !

Au gîte, un association de randonneurs s'est installé. Autour des tables sous la varangue ça joue au tarot en attendant le dîner. Certains me connaissent ou me reconnaissent par mon chapeau de paille si particulier.

Après la douche, j'enferme dans une poche une partie de mes affaires de marche pour ne pas diffuser leurs odeurs fétides. Demain, une partie de ce qui a été ma tenue de soirée et mon pyjama pendant 5 jours servira de tenue de marche. A l'aide du journal du jour, acheté à Cilaos, je bourre de feuilles mes chaussures. Une bonne astuce pour accélérer le séchage des godasses, les feuilles de journal jouant le rôle de buvard absorbant de l'humidité. Je garde les feuilles d'actualités locales et sportives pour un peu de lecture en attendant le dîner.

Au niveau des jambes, enfin je ressens, non pas des douleurs, ni contractures mais un peu de fatigue. C'est du bon augure par la dernière journée demain. Avec une distance égale à un marathon et 6 à 7000m de dénivelé cumulé, demain sera une journée longue, très longue, estimée à 11 ou 12 heures de marche. Le mental versus Ultra devrait enfin se mettre au travail. D'autant plus que mes pieds donne des signes d'irritation. A chaque fin de journée, leur état est lamentable. Pas un seul jour ou ils sont restés au sec. En retirant les chaussettes humides le soir, la peau de la plante est toute flétrie, ratatinée. Et si je n'ai pas d'ampoules, j'ai quelques irritations du à un mauvais choix de chaussettes trop rêches dans le tour de Cilaos, au niveau des malléoles externes. Evidemment, au niveau trousse à pharmacie, je n'ai rien! Partie avec un peu de paracétamol et des pastilles pour mon sternum et mon rhume, je n'ai ni pansement double peau, ni crème, ni rien… autre aspect à corriger pour mes escapades futures en Corse ou ailleurs.

En allumant mon téléphone, un SMS de Cédric, un Dénivien, me rappelle qu'il avait souhaité venir à ma rencontre demain en partant de Saint Denis pour un rendez vous du coté de Deux Bras et rentrer ensemble sur Saint Denis. Je lui réponds par un minimaliste "Ok" quand je vois le troupeau associatif prendre la direction de la salle à manger.

La grand table disposée en U affiche complet. Elle est garni de l'association joyeuse (un anniversaire sera souhaité et du bon vin sortiront des sacs de rando) plus moi et le couple croisé dans le mur montant vers grand place, en face duquel je dînerai pour une discussion agréable, discussion à laquelle prendra part également une dame de l'asso assise à ma droite, ancienne coureuse de 5000 de bon niveau. Evidemment on parlera beaucoup Grand raid, mais aussi, à mon grand plaisir du GR20 en Corse que connaît l'homme du couple et même de rando en Croatie.

Conformément à la publicité que m'en avait faite Anise, le menu est divin. Après une salade de citrouille délicieuse, on a droit a 2 caris. Un cabri massalé très parfumé et un boucané chouchou. Je n'ose dire combien d'assiette j'avalerai mais je parviendrai tout de même de faire honneur au gâteau patate qui terminera ce repas de communion. Alors qu'arrive l'heure du pousse, composé entre du rhum faham et du rhum jamblon,, je prends congé de la table et me couche assez tôt. Malgré l'arrivée de quelques morceaux de séga et de pas de danse dans la salle à manger, je m'endors comme un nounours.

Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 04 - Jour 4

Par pascalpenot - 09-08-2009 21:26:52 - Aucun commentaire

 

 I see trees of green...red roses too.. I see them blue... for me and you... and i think to myself... what a wonderful world

Samedi 10 mai. 4eme jour…. Moi qui pensais, par expérience de mes traversées au long cours des années précédentes, souffrir de petites contractures ou fatigues musculaires après le 3eme jour, je suis étonné d'être encore aussi frais et joyeux qu'un merle péi au niveau des jambes. Je mets ça au compte d'une alimentation suivie ces dernières semaines (préparation de la 97.4 oblige). Le secret de l'endurance selon mon nutritionniste de chevet.

Autres raisons de la fraîcheur de mes pattes je pense, l'apport des bâtons qui soulagent énormément les appuis des cuisses en montée. Et bien sur, pour les mollets, les manchons Booster. Depuis 2 ans maintenant que je les porte (en toutes circonstances) je ne pose jamais de questions au sujet de l'état de mes mollets.
Pourtant pour travailler l'endurance, je marche sur cette boucle volontairement à bon rythme et ne pratique aucun étirements. Je veux justement arriver à cette fatigue musculaire au niveau des cuisses pour travailler un peu plus le rapport mental/fatigue cher à Tim Noakes… Renforcer ma hargne au niveau de mes neurones au dépend de la douleur mentale… Mais bon, toujours est-il qu'en ce quatrième jour, c'est un flop total et j'ai les jambes aussi légères que si j'avais fait mes courses à Carrefour en pleine heure de pointe.

Je suis d'une humeur très joyeuse en pensant au programme qui m'attend. Cilaos aujourd'hui puis Mafate demain et après demain, quel pied!… Je ne sais si vous imaginez ce que peuvent être ces endroits pour un randonneur. C'est comme si un chrétien se retrouvait sur la place Saint-pierre ou au paradis à discourir de sa foi en compagnie d'un type barbu qui répondrait au nom de Jésus. Plus que jamais dans le corps de l'île, les sentiers des 3 jours à venir empruntent ses veines, son cœur, et tous ses organismes vitaux.

De plus le soleil est de retour… Vous faut-il d'autres images pour vous définir ce qu'est un homme heureux?

J'attaque le transit vers bras sec par la RD241. Je sais que le Bras de Benjoin est assez chargé en eau à cette époque de l'année, avec du débit et du fond à coup sur jusqu'à la taille. Donc chaud patate… Et puis après trois jours de pieds mouillés ma voûte plantaire toute flétrie a besoin de respirer un peu au sec!

Le menu d'aujourd'hui est un parcours de rêve pourtant peu connu des randonneurs qui ne jurent que par Mafate. Cilaos est un beau cirque et lorsque l'on regarde la carte de plus près, on se rend compte qu'avec assez peu de route et beaucoup de bouts de sentiers, on peut faire un beau tour du cirque. Les profils des GR sont des successions de montagnes russes plus ou moins nerveuses (idéales au passage pour l'entraînement Trail).

Qui dit montagnes, dit de nombreuses ravines avec au fond de chacune d'elles, l'eau du cirque qui chante des airs tantôt torrides et bruyants, tantôt mélodieux et intimistes jouant les notes de musique au rythme des gouttes ou des flots agréables. J'ai parcouru ces sentiers de Cilaos bercé par toute cette symphonie en observant la nature vivre à travers elle.
De bras sec, un premier sentier amène à Palmiste Rouge. Il emprunte un défilé, presque un cayon, qui doit être un enfer par temps de cyclone. Il y a quelques pieds de fraises mais il sont vides de fruits.

Au passage le plus étroit du défilé, le sentier suit le pied d'une énorme falaise. A la vue du sol jonché d'énormes roches, je ne traîne pas et transite d'un pas rapide l'oreille aux aguets dans ces cas là (automatisme de sécurité en montagne). Ce serait con de finir ratatiner par la chute d'une caillasse dans un si beau pays!
La traversée de Palmiste rouge jusqu'à la RN5 prend une trentaine de minutes. Je verrai dans les jardins les premières bibasses mures, des Ti-jaques, des avocats au bon gras et des Tangor encore vertes… cela me fait penser que j'ai toujours pas trouvé mes vitamines bio du matin. P……, j'ai les crocs!


Arrivé à la borne du dernier kilomètre avant la RN5, je fais mon sport technique du jour par une idée à la con… Il me faut 10 minutes de marche cadencée pour parcourir 1 km sur route avec 10 kilos sur les dos et les bâtons en pognes, mais combien dans une cote à 10 pour cent soit 100m de dénivelé positif?… Allez roule ma poule! Et me voilà parti vrombissant sous le cagnard de Cilaos pour l'exploit du jour! J'allonge le pas, fait monter le cardio et me concentre sur la synchro jambes/bâtons. Arrivé à la RN5, je titille ma montre pour basculer du mode cardio au mode Time: 10 minutes!

 

Content pôskal, content… un peu gogol le mec, mais content! 

Après une pause et un masque de mahoraise à la crème solaire (première utilisation depuis de début de mon périple!) je reprends un transit route jusqu'au prochain sentier qui m'attend à la sortie du hameau de Peter Both. Le ventre (et surtout le cerveau) en appétit, je commanderai à un bazar en bord de route avant le tunnel, des beignets de chouchou et du colle aux dents (nougat créole). Puis, à la l'épicerie de Peter Both j'achèterai du pain (pour le prochain ti-déj du lendemain) et une grosse glace à dévorer sur place.

Après ces entremets, je reprends ma boucle Cilaosienne en prenant le sentier menant au Pavillon par l'ilet haute.
On pourrait appeler cette partie "le petit Mafate". En effet, le seul accès à cette îlet est ce sentier. On y trouve même un gîte le "Dan Tan Lontan" qui, à partir de 4 personnes minimum sur réservation, fait aussi table d'hôte. Et il faut savoir que le type monte depuis le pavillon avec la grosse bouteille de gaz à dos d'homme pour le cas ou la pluie rendrait impossible la cuisine au feu de bois!

La carte de visite de "Dan Tan Lontan"

Il est bientôt un peu moins de midi quand j'arrive au gîte du pavillon… En demandant au gîteur de "faire de l'eau" j'ai le plaisir de retrouver Eric à la cuisine, une vieille connaissance. Je lui demande si le riz est cuit et, si je commande, si le service peut être rapide et adapté à mon timing… Devant sa réponse favorable, je soulage mon dos du poids du sac m'installe sous la varangue et… Â tÔôôbblleeeuhhh!!!!.

Cinq minutes plus tard, je me retrouve à discuter grand raid avec un granmoun (un collègue d'Eric), un "ex" V2 des années 2000/2002. Je déguste en même temps, après un coca bien frais, un civet de coq avec des pois du cap et du riz… Je mangerai tant qu'il y aura de la nourriture dans les plats de service (en gros 2 grosses assiettes plus une petite). Repu, je me laisserai néanmoins tenté par une belle part gourmande de gâteau songe…. Trois quart heure que je déjeune… Il serait peut être temps de reprendre la route!

 tÔôôbblleeeuhhh!!!!.

Le ventre plein et heureux, j'attaque aux bâtons une petite vingtaine de minutes de transit montant de la RN5 pour attraper le sentier Burel. Après un tel déjeuner, pas question de retenter le test matinal du dernier kilomètre du palmiste rouge…. Je suis en récup alimentaire et digestive, rôt à l'appui.

La descente du sentier Burel est une nouveauté pour moi… Lors de ma boucle Cilaosienne précédente, nous avions emprunté avec Anise directement le lit de la Rivière depuis le pavillon en passant entre d'inquiétants défilés ou le moindre grain de sable décollé de la falaise par le vent semblait résonner comme une chute de pierres dangereuses. Egalement, en plusieurs endroit la rivière faisait office de sentier. Mais le trempage des pieds n'est que reporter. Arrivé dans la grève du bras rouge, je sacrifie ma volonté d'une voûte plantaire au sec aujourd'hui. De toute façon, à moins de se déchausser pas moyen de traversée en sautant de caillou en caillou.
Le paysage d'érosion est ici magnifique… très différent de la zone du grand éboulis au bas de Marla. Les falaises de terre alignées comme une muraille les unes à coté des autres, ressemblent à des tours du moyen age étêtées par l'usure du temps et de l'eau.

Alignées et formant une muraille, des falaises de terre se dressaient telles des tours du moyen age étêtées par l'usure du temps 

A l'îlet à cordes, Je m'arrête à la boutique de Jean Marie et de Solange Grondin. Il sont également les patron du gîte du même nom que je vante inlassablement comme le vingt sur vingt des gîtes, aussi bien au niveau des chambres, de l'accueil que du verre et de l'assiette. D'ailleurs c'est toujours plein, juste par bouche à oreille. Un conseil, si vous y séjourner, douchez vous avant parce qu'après, une fois repu et abreuvé de mille douceurs, ce sera mission quasi impossible!... voici ci dessous un film (réalisé lors du tour de cilaos rélaisé avec Anise en 2005) de la présenatation de l'apéritif.

 

Après une glace à l'eau et un Fanta, je repars en direction du sentier du reposoir… vu l'heure, je me demande ou planter la tente…. J'hésite entre revenir à la roche merveilleuse et poser ma tente dans l'herbe si complet pour une nouvelle soirée culinaire (mais bon deux gueuletons dans la même journée, c'est peut être un de trop) ou descendre après Cilaos dans le sentier du Bras rouge et m'arrêter au bord de la rivière ou de mémoire, il y a sous les arbres, de la surface plane pour planter la tente.
Dans la descente du reposoir je croiserai quelques visages connus (les informaticiens de JL des courses à Jean Marie Daval - Cimasalazienne, 97.4) et un type qui m'avait déjà croisé 2 jours plut tôt (il était dans le groupe de randonneurs qui se dirigeait vers le piton d'anchaing).

 Le fond du sentier du reposoir ou je passerai la nuit

Arrivée dans le fond du sentier du reposoir au bord de la rivière du Bras rouge, la question du "Ou bivouaquer" se résout d'elle même : c'est là!… Une grève sablonneuse à l'abri entre deux énormes rochers offre un bivouac parfait à l'écart du monde civilisé.

Après l'installation du camp et une bonne douche, mi lingettes, mi rivière, il est à peine 16h30… En route donc, dans le lit de caillasse pour une bonne corvée de bois. Ce soir, j'ai la ferme intention de faire un feu de joie, un feu qui réchauffe, qui illumine, un brasier géant qui fête la Saint Jean. Je me sens à la fois cet homme de Cro-Magnon et ce Robinson Crusoé avec ce bol inouï de vivre à une époque moderne me permettant d'avoir des zip et un briquet au fond du sac! Vive le progrès de l'age de pierre!

 

  Le "Campement Ti boug' chapeau la paille"...Bon... ça vaut pas la logistique du marathon des sables mais c'est bien quand même

 Astuce à deux balles : comment garder ses chaussettes au sec dans des chaussures trempées avec deux poches plastiques!

 Les chaussettes sèchent.... enfin elles essayent!

 Le plat maintenant célèbre: semoule complète - sardine à l'lhuile... Des lipides (et des bons) des glucides (et des minéraux) et des protéines (et encore des mineraux)

Une piérrade pour un séchoir 

 

Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 03 - Jour 3

Par pascalpenot - 09-08-2009 12:16:51 - 1 commentaire

Parti pour le troisième jour 

Vendredi 9 mai. Si la pluie s’est arrêtée mais le temps reste maussade et nuageux. C’est donc râpé pour les sentiers de grand coude… Je n’ose prendre le risque d’être dedans ou par prudence, de devoir rebrousser chemin et me taper un grand tour par la route et Saint joseph. Je monterai à Textor avant de replonger vers le cœur de l’île après un détour par Bourg murat pour « faire de l’eau ».

Le sentier menant à Textor est raide, boueux mais sublime !!! Peu emprunté il est relativement propre et la foret qu’il traverse est merveilleuse. Je croise d’énormes Mapous se prenant pour des Tamarins ici plus rares. J’anéantis également le travail de dizaines d’araignées en mangeant leurs toiles qui traversent le sentier. Une fois sortie du rein et arrivé sur un plateau herbeux ombragé de petits Tamarins des hauts, mes vitamines du matin s’offrent devant moi au travers d’un champs rempli de framboises sauvages biens mures. Je me gave le ventre, comblant par ces framboises ma soif en même temps que ma faim. Je n'ai plus d'eau!

A Textor, le ciel bleu tente de faire un timide apparition de courte durée. Je plonge déjà par les sentiers de traverse empruntés par la course du tangue vers Bourg murat. Je m’arrête au snack « le kiosk » au niveau du dernier rond point avant la RF du volcan. Le serveur me remplit mes trois bouteilles de 75cl au robinet et je le remercie par une énorme commande : jus à la pêche, flan, gâteau à l'arrowroot, thé bien chaud et un excellent cari barquette. Un délicieux sauté de crevettes au brèdes !

Je repars avec une légère fatigue. Je suis repu par mon repas mais j’ai également mal dormi la nuit dernière. En soirée, une bande de jeunes s’était pointé dans un kiosque près du mien à l’heure de fermeture des boutiques, je pense pour écumer un dernière pile plate ou un ou deux zamal… Dans cette cas la, on garde les yeux ouverts à l’affût, histoire de ne pas se retrouver dans la rubrique des faits divers un peu dingue. Ils sont partis vers deux heures du matin. Soit ils ne m’ont pas vus dans la nuit noire sous les cryptomerias, soit ils m’ont tout simplement ignoré.


En déjeunant, j’ai passé quelques coups de fil à Anise à la recherche d’un gîte pour ce soir à Cilaos. Marre de cette tente qui semble pleuvoir de l’intérieur et j’ai de plus envie d’autres choses que de ma semoule complète… Je constate que plus je marche et plus je deviens morfale. La nourriture, devient un moment de convivialité qui prend une importance surprenante.

 Le départ du Mare à boue dans la brume

Il est un moins de 13h quand j’attaque la montée du Kerveguen. J’ai devant moi un timing de 6 heures de marche avant le repas du soir au gîte à Cilaos pour un parcours que je réalise en moins de 3 heures à l’entraînement. Bref j’ai tout mon temps ! Relativement seul sur le sentier dans la première partie, je commencerai à doubler du monde un peu avant le coteau Kerveguen. Dans la descente du bloc, j’en croiserai de nouveaux dont une bande de jeunes en besoin de conseil pour le bivouac. En passant par le plateau du Matarum, je fais le plein d’eau puis j’inspecte l’abri. Moi qui le croyait pourri et sentant l’urine, je constate qu’il est en fait assez propre, hormis quelques détritus d’emballage. Je m’en veux d’avoir sauter sur la réservation d’un gîte en me disant que j’avais la un endroit idéal pour le bivouac : de l’eau en abondance, un farfar ouvert pour faire du feu et un abri propre pour dormir… Cependant, je continue ma route vers Cilaos feignant d’honorer ma réservation engagée auprès du gîte par politesse alors que mon ventre se prépare à la vraie raison… Miam miam !

J’arrive au gîte de la roche merveilleuse avant la nuit vers 18h. Avec la même tenue de marche depuis 3 jours, plus qu’un randonneur, je suis un « puanteur » sur pattes.
Je prend une douche, une vraie. La première depuis 3 jours et je me brosse les dents en appréciant le gout du dentifrice.

Ensuite, j'attaque la lessive de la tenue de marche, plus pour la désodoriser plus que pour la laver, en prenant soin de l'essorer un maximum pour qu'elle soit la moins fraîche possible quand je devrais l'enfiler à nouveau demain matin.

Je prépares mon lit, un vrai lit avec un drap, un matelas épais en mousse et une couette pour moi tout seul sur laquelle j'étends mon sac de couchage, pour l'aérer et le sécher un peu après 2 nuits de condensation sous tente.

Le gîte affiche complet et nous sommes au coude à coude devant nos gamelles autour d'une table trop petite. Dépareillant de la clientèle habituelle des gîtes de Cilaos, je dîne à coté de 2 familles à l'éducation aristocratique. Les enfants s'adressent à leur géniteur en l'appelant "père" et Madame annoncera à voix haute qu'elle attaque le gâteau en chocolat avec les doigts, "si vous le permettez très cher"... Elle vouvoie son époux! Vous vous rendez compte!...

" Permettez vous, chère tendre Anise que je vinsses sous vos draps intimes dans la tenue d'Adam?"
- Mais faites, très cher, je serai votre Eve si tel est votre souhait!

Ah j'me marre tout seul... J'imagine qu'ils doivent porter un nom à particule, du genre "Pierre-alfred de la Roquefeuille de Mallaimé, ou quelque chose comme ça. Néanmoins, ils ont une discussion agréable et ouverte entre des histoires de randonnées passées, de la fronde contre le projet de géothermie de la plaine des sables, etc. J'écoute plus que je participes, fatigué par deux nuits agitées par les faits relatés plus haut, un sternum fracturé convalescent suite à mon abandon sur chute à l'ultra 97.4 trois semaines plus tôt, et des quintes de toux nocturnes douloureuses à exprimer. Je somnole presque entre 2 sujets. Dans tous les cas, je m'évade. Je me vois sur le plateau du Matarum en train de laver mon linge dans le bac, de faire vivre le foyer du far far d'un feu qui me réchauffe et nettoyer l'abri en fabriquant un balai à l'aide de brandes. Je reviens à la réalité du gîte quand arrivent les plats… Faut dire que si je suis ici, c'est surtout pour ça!

Après un gratin de papayes vertes (une nouveauté succulente), arrive un cari mélangeant poulet et boucané accompagné de pois du cap et riz. Je me sers d'abord une belle assiette. Puis, quand je serai assuré que l'attablée est repue et rassasiée, je me resservirai deux assiettes de grain et de riz et remplirai ma gamelle bivouac de riz blanc pour le lever demain matin. Devant prendre la route assez tôt, je serai déjà parti à l'heure du petit déjeuner servi par le gîte. Une fois le dessert englouti, je salue l'ensemble des convives pour les bras de Morphée et je m'endors avant 21h00, d'un sommeil doux et paisible comme un enfant sur le sein de mère

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Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 02 - Jour 2

Par pascalpenot - 09-08-2009 11:44:31 - Aucun commentaire

  

 Deuxième jour, sur la route de Mare à martin

Jeudi 8 mai grand matin. Un long jet résonne dans le sentier. J'écarte ma frontale de cette cascade d'urine et regarde mon montre : 4h35. Le réveil est matinal et j’ai mal dormi. La tente Coleman est une catastrophe. Choisi pour la qualité de son poids, moins d’un kilo, elle a mille défauts. En plus d'un montage ardu (ça je le savais), son simple toit et ses aérations ridicules font qu'elle condense énormément. On croirait qu'il pleut à l'intérieur!!!

De plus, étant très basse (68cm à la tête) impossible d'y vivre ou de cuisiner à l'intérieur par temps froid ou pluvieux. Je m'en veux d'avoir été obnubilé par le poids... La « une seconde » de Décathlon et sa carapace de tortue aurait été un bien meilleur choix malgré ses 1 kg de plus.

Ayant dans un premier temps, envisagé carrément un demi tour vers St Denis, je reprends finalement ma route en sachant déjà que je devrais composer avec les gîtes de manière plus contraintes que prévue. Je constate que je n'ai dans la puce de mon téléphone que 3 ou 4 gîtes sur la cinquantaine ou plus que je peux croiser sur mon parcours. C'est quelque chose que je n'avais pas trop prévu... Heureusement, je peux compter sur Anise pour me renseigner sur deux trois numéros utiles de gites au gré de mon voyage

 

Les sommets des montagnes semblaient comme isolés du ciel bleu par un étroit no man’s land nuageux qui épousait et redessinait les crêtes

 

Le temps d’abord bruineux au réveil est maintenant agréable. La grisaille s'est évadée et le blanc et le bleu maintenant se partage le ciel laissant une large part au soleil.

La traversée de Grand ilet à Hellbourg prendra la matinée. Je ferai de l’eau à l’église de Grand Ilet et à l’abri de Grand sable.

Je profiterai de ce lieu également pour parfaire mon ti déjeuner de vitamines bio en dévorant des branches entières de goyaviers et de premières goyaves de chine. En dehor du fait que je ne grimpe pas aux arbres, je me sers et mange comme un singe.

Je croiserai sur cette partie de parcours, une bivouaqueuse allemande au niveau de rivière fleurs jaunes, quelques cueilleurs de goyaviers (c'est la saison), deux traileurs connus dans l'ile, Thierry Técher et Cyril Montaigu en entraînement sur le parcours de la passe-montagne (qui finalement n'aura pas lieu) et un énorme club de randonnée (ils sont au moins cinquante!) en route pour le piton d’anchaing avec l'idée de discourir au sommet philosophie sur l’abolition de l’esclavage à l’heure du pique nique. Drôle de randonnée à thème... Faut aimer !

Qui dit Hellbourg, dit ville, dit boulangerie snack et resto et dit donc « A table ».

Je ferai mon choix pour le boulanger en prenant un sandwich au jambon beurre, une baguette pour le prochain ti déj du lendemain, un chocolat chaud, un jus de mangue et une grosse part de frangipane au coco.

Je m’assoie dehors sur la place de la petite fontaine et sèche ma sueur au soleil en me restaurant.

Je reprends les sentiers assez vite, un peu lassé par les touristes semblant chercher le soleil dans les cartes postales. De plus, je suis désireux d’être sur le massif du volcan ce soir. Je prévois si le temps est beau de dormir à la belle étoile au pied du piton de basaltes, à défaut si le froid et la pluie sont de la partie, pousser jusqu’au gîte du volcan pour me rechauffer.

Au fur et à mesure que je monte vers Bélouve, le temps se couvre et se noircit… Je ressens d’abord quelques gouttes de pluie puis un peu de farine mais il ne fait pas froid.

En haut de la montée, quittant le cirque de Salazie, le gîte de bélouve m’accueille sous une bonne averse. Ne sachant pas si je retrouverai de l’eau avant le volcan, je fais le plein des mes trois fois 75cl et entreprend de me rationner jusqu’au bras de calumets.

La pluie qui tombe par averse me fera prendre la route forestière plutôt que le sentier des tamarins, des mares et des bois de couleurs que je devine, pour l’avoir déjà emprunté, gorgé d’eau. Sur cette route bornée, à l’aide de mes bâtons, j’attaque ce long transit pluvieux en randonnée soutenue, sans pause, sinon celles imposées par ma vessie. J’avance à un bon 6km/h (une borne toutes les dix minutes) seulement diverti de ce rythme de métronome par un papangue qui passera devant moi tout près, les habituels tec tec toujours aussi dissipés quelques soit le temps, le bruit de quelques rares voitures et une bande de jeunes en sortie vélo dont certains à croiser leurs regards ce demandaient bien ce qu’il pouvait foutre la par un temps pareil !!!

Par chance, le robinet sur le parking du bras des calumets au niveau du chemin de croix du piton des songes est en bon état de marche. Tant parce que j'étais presque à sec!

Je fais le plein, traverse la RN3 et repart en direction du piton doré. Le mauvais temps persistant sur le plaine de Bébour a changé mes plans. Je décide de m’arrêter avant le sentier qui monte vers Textor. Je sais qu’il y a une aire de pique avec des Kiosques assez spacieux. L’idée de me retrouver à la nuit tombante à Textor sous un temps humide et froid avec une tente dans laquelle il est impossible de vivre et de cuisiner ne m’enchante guère.

De plus cette pluie incessante m’inquiète pour l’étape de demain dans laquelle des sentiers officiellement fermés, raides, et soumis à quelques éboulis de part et d’autres de Grand coude sont au programme. Je me dis déjà que si le temps est encore maussade demain, je devrais zapper cette partie par sécurité. Cette adaptation possible du parcours initial ne me chagrine pas ; en calculant quelques jours plus tôt le kilométrage total de cette boucle (environ 250 km) je savais déja qu'il me faudrait à un moement ou un autre de mon périple couper un tronçon. Au départ, je pensais supprimer le tour du cirque de Cilaos déjà connu pour l’avoir réalisé avec Anise en novembre 2005. Mais bon on verra.

A l’aire de pique nique, je m’installe dans le kiosque le plus éloigné de la route et après une douche à la lingette, je prépare mon repas du soir, le déjà traditionnel semoule complète, sardines et huile d’olive. En réquisition d’eau, je ferai la vaisselle en nettoyant mon bol avec des morceaux de pain que j’avale goulûment et me couche sans toucher à la brosse à dent.

Kiosque séchoir et dortoir de luxe au pied du piton doré

Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 01 - Jour 1

Par pascalpenot - 09-08-2009 11:12:38 - Aucun commentaire

 

 Le soleil se jouait de mon ombre quand il me transforma moi, simple randonneur, en un clown échassier de carnaval

 

Mercredi 7 mai 12h30. Serge me dépose devant le sentier de la providence et me voila parti pour un long voyage dans le corps de l'île. Le temps est bon. Couvert sans être menaçant... temps agréable.


Mon sac, dont l'idée était au départ de le réduire à un poids rikiki de 8kg, pèse 10kg dont 75 cl d'eau(je ferai le plein de ces 75cl au Brulé, puis le plein à 2,5 litres au gite des chicots dans la montée de la roche écrite).

Ce sac contient tout ce qu'il faut pour m'offrir six jours de totale liberté sans contraintes d'un RDV, d'un gîte, d'une météo capricieuse ou de nourriture. Je porte avec moi mon toit, mon lit, ma cuisine, ma trousse de toilettes, mon pyjama chaud et ma nourriture.... Semoule complète, sardines à l'huile d'olive, soupe, café, tisanes, un bout de pain, protéines en poudre, lait en poudre et un archipel de compléments alimentaires composeront un menu de fortune nourrissant. Evidemment, carte bancaire, chèques et argent liquide sont prévus pour compléter ces mets par pure gourmandise ou profiter d'un lit "normal" si mon parcours croise un gîte agréable à l'heure du crépuscule.

Les bâtons compensent le poids du sac.... Ils sont, avec le travail d'endurance de fibres lentes de mes jambes, l'aspect sportif de ce long voyage. M'habituer à eux, les épouser, les souder, comme un prolongement des mes bras et découvrir toutes les techniques d'emploi. Je savais déjà par des entraînements rando-course et la 97.4 que leur apport en puissance sur les montées n'était plus à démontrer.


J'arrive au bord du cirque de Salazie dans un temps remarquable malgré mon portage, un temps quasiment identique à de la rando en rythme et en équipement Ultra! Ce timing me permet d'éviter de dormir sur les hauteurs glaciales de la roche écrite et d'entrer dans Salazie le premier jour. La descente est raide! Rendez vous compte : 1000m de dénivelé négatif en 3 kilomètres. Mais bon, deux raisons autres que la prudence me pousse à descendre doucement. La première est que j'ai prévu de dormir dans le sentier, à l'écart du bourg de grand ilet, donc je yieute un coin d'herbe assez plat pour dérouler ma tente. La deuxième raison est que nous appelons ce sentier avec Anise, le sentier des fraises. Bien que ce ne soit pas la saison (sinon j'y serai encore!) j'en ai trouvé malgré tout, 3 bien mures et bien sucrées


J'ai planté la tente au deux tiers du sentier, sur une plate forme herbeuse un peu en pente mais en se calant bien, ça devrait aller me dis-je...

Rando 6 jrs : Dans le corps de l'ile de la Réunion - 00 - Préparatifs

Par pascalpenot - 09-08-2009 10:50:48 - Aucun commentaire

Du mercredi 7 mai au lundi 12 mai 2007, j'ai réalisé un vieux phantasme : me perdre dans les montagnes de la Réunion. Partir sur un parcours préétabli et arreter le temps pendant une courte semaine en totale liberté!

Le Départ a été programmé le Mercredi 7 mai à 12h, heure à laquelle je quittais mon boulot. le mois de mai est le mois idéal pour randonner à la réunion. Ni trop froid, ni trop pluvieux, ni trop chaud. La lumière du soleil est souvent superbe. On appelle ce mois, le mois des photographes!

Le parcours de principe consistait à réaliser une boucle d'environ 250 bornes. Faire en sorte de n'emprunter qu'une fois un même sentier ou bout de route. Le boucle était la suivante :

km lieu
0 Providence
17 Gîte des chicots
20 Caverne soldat
24,5 Route Gd ilet
41 Hell bourg
46,2 Gite Bélouve
59,5 Col de bébour
70 Piton Doré
75,2 Textor
84 Chisny
90 Abri Gd pays
93,2 Sentier Gd coude
99 Rvi remparts
104,5 Roche plate
113 Nez de bœuf
122 Mare à boue
131 Coteau KVG
133,7 Gite piton neiges
140,6 Le bloc
150,6 Palmiste rouge
169,6 Pavillon
175,6 Cilaos
182,7 Route Taibit
189 Marla
192 3 roches
197,2 Roche plate
208,7 Ilet à bourse
213,2 Aurere
219,7 2 bras
226,7 St dodane
233,3 Kiosk aff.
238,3 La fenêtre
241,3 colorado
246,3 Saint denis

Bon ben y'a plus ka enfiler la tenue et en route!

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