Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 05 - Jour 5
pascalpenot

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Rando 6 jrs : Dans le corps de l'île de la Réunion - 05 - Jour 5

Par pascalpenot - 09-08-2009 22:08:01 - Aucun commentaire

 

 Cinquième jour....

Dimanche 11 mai, cinq heures du matin… Qu'est ce que j'ai bien dormi! Pour résoudre le problème de la condensation j'ai dormi tente ouverte. Quand à la météo, il faisait tellement bon que j'étais juste en slip sur le sac de couchage une bonne partie de la nuit, une belle nuit étoilée.

Pour éclairer le campement et me réchauffer un peu de la brise matinale je ravive les braises du foyer et remet du bois pour un feu plus grand encore que la veille. Parfois le feu pète comme des pétards! En fait, ce sont les galets qui, à la chaleur, se fendent ou explosent en éjectant de bouts de braise parfois à plus de 3 mètres. Un vrai feu d'artifice de fortune… Ces pétards feront plusieurs trous dans ma bâche, perceront mon sac de rando et brûleront même un bout de plastique de mon cardio!

J'accompagne le lever du jour avec mon ti-déj composé de lait écrémé et de protéines en poudre, d'un déca puis d’une tisane, d'une demi baguette et de mes compléments alimentaires.

Pour le rangement je prends mon temps, aujourd'hui, c'est la rentrée dans Mafate avec au bout de la journée une réservation faite, sur ma demande, par Anise gîte du pavillon à Grand place les hauts, une table paraît-il réputée. Il est 7h30 passé quand j'attaque la remontée du reposoir vers Cilaos. Je monte d'un pas tranquille l'appétit aux aguets. Je sais que ce sentier regorge de vitamines bio et après ma journée bredouille de la veille, je compte bien me rattraper!

Les poc poc appelés en métropole "l'amour en cage"

Finalement, je ne trouve que deux trois poc-poc à peine mures, quelques framboise des bois et suce quelques graines de galabert. Les goyaves de chine sont encore vertes et les mûriers attendent de mûrir. Aussi, j'arrive à Cilaos avec une fringale psychologique frustrée. Au boulanger, je me rattrape par deux macatias, un au coco, l'autre aux chocolat/amandes. Je prendrai une barquette de fruit composée de morceaux d'ananas, kiwi, pastèque et papaye à une vendeuse de bord chemin. Et à la supérette, outre une boite de lentilles pour ma gamelle du midi, je prendrai un gros yaourt à boire et une eau de Cilaos…

Je repars le ventre apaisé vers le sentier des porteurs puis le Bras rouge. Dans la descente, je croise Sonia, une Dénivienne en ballade avec sa famille. Le bras rouge se traverse par les cailloux et je remonte le sentier à bon rythme juste distrait par un papangue en quête de nourriture. Je traverse la route et entre déjà dans le Taibit, décidé de faire la pause un peu plus haut à l'ilet des 3 Salazes avec une tisane ascenseur. Il y a du monde autour de l'abri de bois à l'entrée de l'ilet… J'attends mon tour de tisane en dégustant un gâteau au mais sosso et écoute les discussions des randonneurs en reposant mon dos. Je repars 20 minutes plus tard et continue ma montée à bon rythme rando. Au sommet, je salue une troupe de randonneurs qui pique nique et bascule dans Mafate.

Mafate.... mon Eldorado!!!

20 minutes plus tard, j'arrive à Marla. La pause est de courte durée juste le temps de faire de l'eau. L'heure tourne et même si le timing est bon, je veux faire ma pause déjeuner aux Trois roches. Juste avant d'arriver à ce site merveilleux, je croise mon Kiné qui, la preuve par l'image, trouve forcement que je vais mieux! Je traverse la rivière et installe mon réchaud sous un filao. Au menu semoule et lentilles. Je fais la vaisselle dans la rivière et repars illico vers roche plate. La pause a duré 20 minutes.

Mes jambes sont toujours merveilleusement bonnes, je marche à allure rando à un bon timing agréable, avec toujours les bâtons qui me font oublier le poids du sac. A la croisée de Roche plate, j'attaque directement vers le Bronchard…. Je souhaite arriver au gîte de Grand place avant la nuit pour avoir le temps de me pauser un peu avant le dîner.

Après le cimetière j'attaque la descente du sentier facteur, malgré mon barda, je trottine légèrement tout en prudence et je pense au futur Grand raid. Mieux aménagé, cette descente n'a pas à rougir de difficulté face à celle du fond Mafate emprunté l'an dernier. Elle est raide, pentue et certains endroits invite à la prudence.

La descente du sentier facteur ressemble parfois à un escalier en colimaçon désarticulé pour mieux épouser les refliefs capricieux du terrain

Je m'arrête de temps en temps pour boire, prendre quelques photos et regarder le paysage. Après deux passages dans la ravine rivière, j'attaque aux bâtons, une petite arête nerveuse jusqu'à un oratoire avant de basculer à nouveau dans une descente bien raide jusqu'à la roche ancrée.

Une fois au bord de la rivière, évidemment, les passages de pierre ont été emporté par la dernière saison des pluies. Au lieu du passage habituel, le débit est dangereux pour une traversée à gué. Aussi, je remonte de quelques mètres sur la roche et me glisse comme sur un toboggan pour atterrir dans une eau et un passage à gué plus calme et plus sur.

Une fois de l’autre de coté de la rivière le sentier emprunte un plateau plat jusqu'à la croisée du sentier effondré du cap noir. Je suis maintenant au pied du mur qui mène vers grand place les hauts. Je me rappelle de ce sentier emprunté deux ans plus tôt avec Anise. Un seul mot me revient : Pénible !

Ce sentier devrait être au programme du prochain Grand raid. C’est pire que la montée de Dos d'âne. Ici pendant toute la montée, il faut oublier les mots « plat », « parties descendantes » et « récupération ». Exit tout cela. Ici, ça monte tout le temps! C’est du raide sans aménagement avec très peu de marches, surtout dans la première moitié. Le mollet est étiré en permanence, le pied jamais à plat et on flirte avec la douleur entre la contracture et la crampe. Je mets au défi quiconque, de pouvoir courir dans cette première partie !

All in all it's just another brick in the wall...All in all you're just another brick in the wall (Pink floyd)

En avance d’une bonne demi heure sur mes prévisions et sachant qu’il faut moins d’une heure pour être en haut, j’aborde cette montée sur un rythme cool en me reposant beaucoup sur mes bâtons. Pas envie de douleur, pas envie de souffler comme un bouc… Je veux juste avancer, tranquille. Je sais quand dans un peu plus d’une heure, je serai au gîte, alors piano. Dans la montée, je doublerai un couple avec un chien… En discutant un peu, on se rend compte que nous avons le même terminus, la même table au même gîte même si eux dormirons sous tente.

Grand place au pied du piton carré. Un îlet à la campagne

Au sommet, je prends le temps d’admirer l’ilet. Grand place, c’est aussi grand que la Nouvelle mais avec dix fois moins de cases… c’est très aéré et très herbeux, un vrai ilet de campagne pourrait-on dire à contrario de la Nouvelle qui est devenu un vrai ilet « de ville ». Dans la descente, j’inspecte les goyaves de chine et les prunes malgaches mais elles ne sont pas encore mures…. Faudra repasser dans un mois !

Au gîte, un association de randonneurs s'est installé. Autour des tables sous la varangue ça joue au tarot en attendant le dîner. Certains me connaissent ou me reconnaissent par mon chapeau de paille si particulier.

Après la douche, j'enferme dans une poche une partie de mes affaires de marche pour ne pas diffuser leurs odeurs fétides. Demain, une partie de ce qui a été ma tenue de soirée et mon pyjama pendant 5 jours servira de tenue de marche. A l'aide du journal du jour, acheté à Cilaos, je bourre de feuilles mes chaussures. Une bonne astuce pour accélérer le séchage des godasses, les feuilles de journal jouant le rôle de buvard absorbant de l'humidité. Je garde les feuilles d'actualités locales et sportives pour un peu de lecture en attendant le dîner.

Au niveau des jambes, enfin je ressens, non pas des douleurs, ni contractures mais un peu de fatigue. C'est du bon augure par la dernière journée demain. Avec une distance égale à un marathon et 6 à 7000m de dénivelé cumulé, demain sera une journée longue, très longue, estimée à 11 ou 12 heures de marche. Le mental versus Ultra devrait enfin se mettre au travail. D'autant plus que mes pieds donne des signes d'irritation. A chaque fin de journée, leur état est lamentable. Pas un seul jour ou ils sont restés au sec. En retirant les chaussettes humides le soir, la peau de la plante est toute flétrie, ratatinée. Et si je n'ai pas d'ampoules, j'ai quelques irritations du à un mauvais choix de chaussettes trop rêches dans le tour de Cilaos, au niveau des malléoles externes. Evidemment, au niveau trousse à pharmacie, je n'ai rien! Partie avec un peu de paracétamol et des pastilles pour mon sternum et mon rhume, je n'ai ni pansement double peau, ni crème, ni rien… autre aspect à corriger pour mes escapades futures en Corse ou ailleurs.

En allumant mon téléphone, un SMS de Cédric, un Dénivien, me rappelle qu'il avait souhaité venir à ma rencontre demain en partant de Saint Denis pour un rendez vous du coté de Deux Bras et rentrer ensemble sur Saint Denis. Je lui réponds par un minimaliste "Ok" quand je vois le troupeau associatif prendre la direction de la salle à manger.

La grand table disposée en U affiche complet. Elle est garni de l'association joyeuse (un anniversaire sera souhaité et du bon vin sortiront des sacs de rando) plus moi et le couple croisé dans le mur montant vers grand place, en face duquel je dînerai pour une discussion agréable, discussion à laquelle prendra part également une dame de l'asso assise à ma droite, ancienne coureuse de 5000 de bon niveau. Evidemment on parlera beaucoup Grand raid, mais aussi, à mon grand plaisir du GR20 en Corse que connaît l'homme du couple et même de rando en Croatie.

Conformément à la publicité que m'en avait faite Anise, le menu est divin. Après une salade de citrouille délicieuse, on a droit a 2 caris. Un cabri massalé très parfumé et un boucané chouchou. Je n'ose dire combien d'assiette j'avalerai mais je parviendrai tout de même de faire honneur au gâteau patate qui terminera ce repas de communion. Alors qu'arrive l'heure du pousse, composé entre du rhum faham et du rhum jamblon,, je prends congé de la table et me couche assez tôt. Malgré l'arrivée de quelques morceaux de séga et de pas de danse dans la salle à manger, je m'endors comme un nounours.

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