J4 - Annapurna Mandala Trail 2013
pascalpenot

Aucune participation prévue dans les 8 semaines à venir.

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J4 - Annapurna Mandala Trail 2013

Par pascalpenot - 13-02-2014 03:15:12 - 1 commentaire

Annapurna Mandala Trail 2013

4ème jour – 24 avril 2013 – 1 ère étape

Annapurna Base camp – Tadapani (40 kms)

Un Langur ?

 

4 heures, réveil… Autant dire que ma première nuit en haute altitude a été très dure. Des crampes d’estomac liées à ma gastro persistante, des courbatures musculaires, un peu de fièvre et un mal au crâne permanent ont alimenté ma nuit presque blanche…Intétrix et paracétamol démarreront mon petit déjeuner.

A cinq heures du matin, restaurés et le sac complet sur nos épaules, nous attaquons à la frontale la montée de transit vers l’Annapurna Base camp ou aura lieu le départ de la première étape de la Mandala XIII. Si le dénivelé permet de garder le corps relativement chaud, au fil des pas, j’ai de plus en plus froid aux pieds.

Arrivé la haut, je tente de me réchauffer à l’intérieur du lodge de l’ABC. Si le corps retrouve une bonne chaleur, les pieds resteront gelés malgré un pas de danse incessant pour tenter de les réchauffer.

A huit heures, C’est avec un panorama de rêve et baignant sous un soleil maintenant chaud, que le départ de l’Annapurna Mandala Trail 2013 est donné. Sans d’autres objectifs sur cette course que de profiter et de flâner en touriste dans ces chemins Népalais que je foule pour la première fois de ma vie, je pars tranquillement de l’arrière, courant à petit pas, le nez en l’air sur les crêtes et les appareils photos prêt à figer les paysages de ce rêve éveillé.

Cependant, même sous ce rythme assez cool, avec mon début de fièvre, mes crampes de ventre qui m’emmerdent et mon mal de crâne, le rêve se retrouve très vite teinté de cauchemars. J’en chie comme un rat mort. Je suis en hyperventilation dès le moindre tape-cul montant et je dois déjà gérer certains passages au mental malgré mon allure lente. Alors que je suis à peine parti, j’ai la sensation de retrouver ces états douloureux de passages à vide qui surviennent parfois après plus de vingt heures de course sur les sentiers de la diagonale des fous ou d’autres Ultras. J’aurai même des envies de nausées à plusieurs reprises, ce qui m’obligera à marcher de plus en plus lentement au fil des kilomètres.

Je vois Philippe, notre jeune V3, avec qui on se croisait régulièrement depuis le départ s’évader devant. Maryse, la baroudeuse à la fois coureuse et médecin sur la course me rejoindra un temps dans un dédale de sentiers rocheux traversant à plusieurs reprises le torrent. Elle est en compagnie de Ngawang, à la fois directeur de course de l’AMT et serre-file. Bref si la moyenne horaire est bien celle d’un touriste du trail, mon niveau physique est proche du hors délai, complètement à la ramasse !!!

Au point de contrôle de Chlomrong, en passant devant un groupe de Français spectateurs éphémères de la course, je dois avoir une mine abominable car j’entends l’un d’eux dire d’un voix haute et claire : « Celui-là… il est cuit »!

Putain…. Va te faire foutre, me dis-je!!! J’enrage moins contre ce touriste que contre cette goutte d’eau verbale qui fait déborder mon désarroi. J’enrage contre la terre entière, contre mes maux, contre cette impuissance, contre tout…

Je me pose un long moment sur un muret après Chlomrong pour retrouver un peu mes esprits, m’alimenter, me reposer, me reprendre et reprendre gout à cette terre, ces paysages et aux gens qui m’entourent.

Parti sous le soleil, le temps se couvre peu à peu en restant agréable. La pluie s’invite dans l’après midi qui s’avance. D’abord fine et douce, elle deviendra abondante à mesure que je descends dans le fond de la vallée. Arrivé dans la rivière, je retrouve Philippe de l’autre coté de la passerelle. On attaque les 800m de D+ nous séparant de l’arrivée ensemble. Il a un rythme lent de métronome auquel j’essaie de me caler mais sans succès. Je monte d’une foulée plus rapide mais d’un souffle plus haletant avec ma fièvre ce qui m’oblige à me poser régulièrement quelques secondes en retrouver un peu de souffle.

Bref, plutôt que de Yoyoter avec Phil, je préfère le laisser bien devant sans lui sucer la roue, tâchant juste de garder ses fesses en ligne de mire. En me concentrant sur cette idée là, cela me permet de recentrer sur un but précis et d’oublier un peu mon état défaillant.

Cependant, dans les tout derniers kilomètres je laisse Philippe et ses fesses s’évader de mon champ de vision. Le sentier traverse maintenant une fôret de Rhododendrons qui m’émerveille comme un gosse.  J’oublie un temps mes douleurs et l’ombre de jour. Je laisse mes pensées flâner sous la magie du lieu.

Je m’arrête souvent pour fixer l’ombre d’un sous-bois, contempler un tapis de fleurs de rhododendrons roses et écouter le vent qui ondule entre les arbres, soulevant l’odeur des bois et de sa moisissure.

Je passerai la ligne d’arrivée vers 17h00,  après 9h de course.

Au Lodge, cette fois ci, c’est le grand luxe ; la douche bien qu’à l’extérieur de l’hôtel est bien chaude et dans la salle à manger un énorme poêle trône au milieu de la pièce pour réchauffer les corps et faire sécher le linge et nos chaussures détrempés.

Le corps fiévreux, je m’allonge dans mon lit et ferai une sieste d’une heure en attendant le repas et le briefing du soir. Pris de relent de nausées, je me forcerai tout de même à manger un peu pour ne pas être sans énergie pour l’étape du lendemain. Pendant le briefing post-dinatoire, je dors plus qu’à moitié ne tenant plus, le corps lourd et la tête en feu… je comprendrai à peine que le parcours de l’AMT sera modifié à partir de la troisième étape… trop de neiges au Thulobugin pass (4281m) rend impossible et dangereux le passage prévu de la course par ce coin là.

Avant la fin du briefing, je pars comme un zombie, retrouver mon lit et oublier ma santé.

 

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1 commentaire

Commentaire de PhilKiKou posté le 27-02-2014 à 21:39:09

Allez, je croise les doigts pour que la santé , après la météo, s'améliore et te laisse profiter de cette magnifique course ...
Impressionnant les porteurs !!

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